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Pour abroger la réforme des retraites, Pour un budget qui réponde aux besoins de la population et de nos services publics
Depuis les premières mobilisations contre la réforme des retraites, nous avons refusé de tourner la page. Cinq gouvernements sont tombés du fait de la violence de leur politique anti sociale et de leur refus d’abroger cette « contre-réforme ». Suspension, décalage, promesses de discussions, les manœuvres sont grossières… nous n’en resterons pas là !
Fidèle au mandat donné par les salarié·es, la CGT continuera à se battre jusqu’à l’abrogation de la réforme des retraites et portera ses propositions pour financer le retour de la retraite à 60 ans à taux plein.
Quant au budget 2026, sans la mobilisation du monde du travail, il aura des conséquences catastrophiques pour les travailleurs et les travailleuses, pour nos services publics et pour l’avenir de notre pays.
Aucune réelle mesure de justice fiscale n’a été adoptée. Avec le soutien de l’extrême droite, l’Assemblée nationale a rejeté la taxation du patrimoine des milliardaires destinée à corriger la sous-imposition de leurs revenus par rapport au reste de la population (taxe Zucman) et les mesures visant à remettre en cause une partie des 211 milliards d’aides publiques dont bénéficient les entreprises chaque année sans condition ni contrepartie.
C’est aussi le gel des pensions de retraites jusqu’en 2030, ainsi que, à ce stade, de toutes les prestations sociales. Malgré un vote majoritairement contre de l’Assemblée nationale, le sénat souhaite rétablir les mesures. Quant au doublement initialement prévu des franchises médicales, qui pourraient atteindre 350 € par personne par an, l’augmentation des frais de complémentaire et l’explosion des dépassements d’honoraires, malgré un vote majoritairement contre de l’Assemblée nationale, le gouvernement menace d’un décret si le déficit de la Sécurité sociale devait dépasser un hypothétique 20 milliards d’euros. Et là aussi, le sénat peut très bien rétablir sans attendre ces mesures.
3 000 suppressions de postes de fonctionnaires sont programmées. C’est une honte alors que nos services publics, qui sont au service de la population, sont déjà exsangues. Le salaire des agent.es de la Fonction publique est gelé alors qu’il a déjà baissé depuis vingt ans de 23 % en euros constants (c’est à dire corrigé de l’inflation). Les moyens de tous les services publics sont en baisse ainsi que les dotations aux associations… jusqu’aux Ehpad qui sont mis au pain sec !
À la DGFiP, la situation est alarmante !
En octobre 2025, 35 actes suicidaires ont été identifiés (16 tentatives connues et 19 suicides). Alors que le taux de suicides au sein de la population française était de 13,4 pour cent mille en 2022 (donc sur 12 mois), il est déjà de 20,4 pour cent mille sur 10 mois en 2025 dans nos services. Mais l’État, notre employeur, ose programmer pour 2026, 550 suppressions d’emplois supplémentaires à la DGFiP !
Il faut redonner du sens à notre travail, sortir de l’industrialisation des taches. Et ce n’est pas une approche quasi magique de l’IA qui sera la solution, alors que les agents perdent leur temps à corriger ses erreurs et approximations.
Quant aux restructurations et suppressions de services, elles sont permanentes, avec des conséquences délétères : mobilité forcée ou induite des agents, difficultés d’articulation entre vie privée et vie professionnelle, sensation d’insécurité sur la pérennité de son poste, de son service, de sa mission.
Amplifions nos mobilisations pour défendre nos emplois, nos conditions de travail, nos salaires et faire avancer la justice sociale, fiscale et environnementale.
Nous voulons enterrer définitivement toutes ces régressions, gagner l’abrogation de la réforme des retraites et obtenir les moyens nécessaires pour nos services publics, dont la DGFiP !
Un débat budgétaire étouffé
L’horloge tourne, et deux dates fatidiques viennent restreindre l’espace nécessaire aux débats sur le budget 2026 :
– le 23 novembre, avant laquelle les député·es doivent avoir traité les milliers d’amendements restant pour aller au vote, sans quoi le texte sera transmis automatique au Sénat « dans l’état où il se trouve » sans vote de l’Assemblée nationale ;
– le 23 décembre, fin du délai global de soixante-dix jours accordé au Parlement, avant lequel le Sénat doit s’être prononcé (12 décembre) et un accord doit avoir été trouvé entre les député·es et les sénateur·ices.
Faute d’accord, le gouvernement peut mettre en œuvre son budget par ordonnance, sans vote, sans débat, sans contrôle parlementaire.
Le débat démocratique sur l’argent public est aujourd’hui étouffé, et les parlementaires n’ont quasiment plus la main sur les grandes orientations fiscales.
Jusqu’à présent, si le débat sur la justice fiscale – poussé par la mobilisation sociale – a bien eu lieu, il s’est heurté à un barrage de la droite et de l’extrême droite, main dans la main pour protéger les grandes fortunes, et les « avancées » sont maigres :
– une surtaxe des grandes entreprises (taux porté à 35,3 %) et des ETI (5 %) bien insuffisante pour remettre en cause la baisse de l’impôt sur les sociétés opérée depuis 2018 ;
– une taxe sur les « superdividendes » dont le rendement dépendra des décrets d’application et de l’assiette retenue ;
– une hausse de la taxe sur les services numériques dont le taux passe de 3 à 6 %, une mesure bien marginale au regard des bénéfices engrangés par les grandes entreprises de la tech ;
– le rétablissement de l’« exit-tax », visant à empêcher les riches de quitter le pays pour échapper à l’impôt, mais qui ne rapporterait que de 60 à 80 millions d’euros par an en régime de croisière.
En revanche, rien sur les niches fiscales, qui ont coûté 91,8 milliards d’euros à l’État en 2025. Pire : de nouveaux dispositifs d’évitement fiscal ont été rétablis ou créés !
La CGT appelle à une journée de mobilisation le 2 décembre, par la grève et la manifestation, pour imposer un budget de progrès social :
– conditionnalité des aides publiques aux entreprises (211 milliards d’euros en 2024), notamment en faveur de l’emploi, de l’augmentation des salaires, de l’investissement productif, du respect de l’environnement ou encore de l’égalité entre les femmes et les hommes ;
– suppression de la « flat-tax » (taux forfaitaire de 12,8 % sur les revenus du capital) et alignement des revenus du capital sur ceux du travail : 2,2 milliards d’euros ;
– plus grande progressivité de l’impôt sur le revenu : 12 milliards d’euros ;
– taxe plancher de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros : 24 milliards d’euros…
Article publié le 23 novembre 2025.