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Camarades,
Dans la continuité de nos actions décidées en commission exécutive et en Assemblée générale départementale pour l’emploi et contre la criminalisation de l’action syndicale, nous avons décidé collectivement d’une journée d’action aujourd’hui. Initialement, cette action était tournée vers le golf de Fos-sur-Mer et les problématiques industrielles et, dans le contexte que nous vivons, nous avons décidé d’élargir cette journée d’action à tous les enjeux qui nous touchent en ce moment. Les camarades d’ARCELOR interviendront un peu plus tard pour faire un point sur la situation.
Précédemment, nous sommes déjà allés en préfecture, nous avons fait un rassemblement devant le Medef, rassemblement au cours duquel nous avons été reçus par les représentants du patronat départemental et régional.
À chaque fois, nous avons porté nos dossiers et, à chaque fois, nous avons eu le sentiment de ne pas être entendus. Il nous fallait monter le niveau de mobilisation ; c’est chose faite aujourd’hui.
Ce matin, nous avons mené à bien une action départementale envers l’un des acteurs majeurs de l’État en termes de gestion de l’emploi et de relations sociales. Le message que nous avons fait passer à l’État est le suivant : nous ne laisserons pas l’État et le patronat démanteler l’emploi dans les Bouches-du-Rhône, et aucun de nos délégués ne subira la répression. D’autres organisations CGT du département ont organisé, ce matin, des initiatives en amont de cette journée.
Pour autant, cette journée n’est pas une fin en soi, mais bien une étape dans un processus de luttes qu’il nous faudra mener à bien pour sauver l’emploi dans les Bouches-du-Rhône et protéger nos délégués, qui sont les plus à même de protéger les travailleurs dans l’entreprise.
Aujourd’hui, le péril est grand dans notre département.
– Il y a péril sur notre sidérurgie avec le dossier Arcelor, où pour l’instant Mittal s’est contenté d’encaisser des aides d’État que nous finançons, sans pour autant lancer la construction de hauts-fourneaux électriques. MP/SD/0626
– Péril sur toute notre filière chimique avec les menaces qui pèsent sur Kem One, victime d’un fonds vautour qui a endetté cette entreprise.
Leader du PVC, la fermeture de cette usine entraînerait des conséquences catastrophiques sur une grande partie de la filière chimique de notre département.
– Péril sur le pluralisme de la presse avec la CPMM coopérative fondée par les salariés de l’ex SAD qui par la lutte ont récupéré leur outil de travail, et qui aujourd’hui sont victimes des gros groupes d’éditions qui confisquent les aides de l’état.
– Péril sur notre dernière Papeterie avec Fibre Excellence, avec le site de St Gaudens, c’est notre dernier producteur de papier et en plus des milliers d’emplois que représenterait la fermeture de ce site, c’est aussi un savoir-faire qui disparaîtrait.
– Péril sur les commerces qui passent en location gérance où à chaque fois, c’est entre 50 et 75 % des effectifs qui disparaissent avec l’arrivée du nouveau repreneur qui bien souvent n’est qu’un exécutant du groupe qui a cédé ses établissements.
– Péril sur nos services postaux avec la fermeture programmée de la PIC de Vitrolles. Pour des questions de rentabilité, la direction de la poste préfère supprimer des emplois et expédier le courrier reçu à Marseille à Montpellier pour qu’il soit trié. C’est un non-sens écologique et social.
– Péril sur nos services publics : les coupes budgétaires qui sont décidées par le gouvernement privent ainsi les usagers d’un juste accès aux services publics. Et on peut citer l’exemple de la métropole d’Aix-Marseille, dont les élus tout juste en poste fomentent la destruction coupant aux passages 144 millions d’euros à notre territoire : les communes, les associations, tous les usagers vont devoir payer le prix fort.
Je pourrai citer nombre d’autres exemples qui touchent les cheminots, la santé publique et privée, les travailleurs sociaux, la CAF, l’éducation nationale et bien sur les activités portuaires qui sont au coeur de l’emploi et de l’économie des Bouches-du-Rhône.
Pas un pan de nos activités n’est épargné. Dans ce contexte, plus que jamais il ne sert à rien de se planquer en espérant que le couperet passe à côté. C’est un véritable jeu de massacre qui est à l’oeuvre.
À l’heure actuelle ces 30 000 emplois aux bas mots qui sont menacés, qui risquent de disparaître tout comme les savoirs faire qu’ils représentent. Face à cela, il est impossible de rester sans réactions.
Nous ne pouvons laisser les Bouches-du-Rhône devenir un département de précaires, nous ne pouvons laisser le patronat transformer notre territoire en zone de non-droit du travail.
À l’heure actuelle, la CGT des Bouches-du-Rhône est une des rares organisations du département à se soucier de l’emploi et de l’avenir de nos enfants. Car oui, nous voulons assurer un avenir à nos enfants, nous voulons que ces derniers n’aient pas à choisir entre petit boulots précaires et carrière militaire.
Il est toujours bon de le rappeler, nous sommes une organisation internationaliste qui prône la paix entre les peuples. À ce titre, nous ne pouvons que condamner l’économie de guerre dans laquelle le gouvernement et le patronat tentent de nous amener, en offrant comme seuls débouchés professionnels à nos enfants des carrières autour de l’armée où ils tueront et où se feront tuer. Il n’y a pas de luttes des classes sans culture de la paix.
Comme je le disais plus haut nous sommes une des rares organisations à défendre l’emploi les services publics et à oeuvrer pour gagner des droits pour les travailleurs.
À ce titre, étant l’un des derniers contre-pouvoirs, la répression syndicale s’abat sur nous depuis des années. Si l’histoire sociale a toujours été jalonnée de ce type d’événement, dans l’histoire récente, on note une accélération des actions visant les nôtres depuis les lois Macron.
Depuis quelques années, on ne compte plus les lois pour entraver nos actions, les lois visant à restreindre le droit de grève, ou la complicité des services étatiques avec le patronat quand ce dernier décide de s’en prendre à nos représentants.
Ces derniers temps, un cap a été franchi. On ne parle plus de discrimination ou de retard d’avancement, mais bien de répression et de criminalisation de l’action syndicale.
En France comme ailleurs, la montée de l’extrême droite s’accompagne toujours d’un même mouvement : la remise en cause progressive des libertés fondamentales. La concentration des médias entre les mains de quelques milliardaires favorise la banalisation de discours réactionnaires, tandis que des propositions visant à restreindre le droit de grève, le droit de manifester ou les droits des personnes les plus précaires s’installent dans le débat public.
Ces offensives successives repoussent les limites de l’État de droit et fragilisent les principes démocratiques.
Cette dynamique n’est ni nouvelle ni isolée.
Partout en Europe et dans le monde, l’arrivé au pouvoir de gouvernements d’extrême droite ou autoritaires se traduit par des attaques systématiques contre les syndicats, les juges, les médias indépendants et la société civile.
Répression des mobilisations sociales, criminalisation de l’action militante, surveillance des organisations : les exemples internationaux montrent une constante.
Parallèlement, les attaques contre les bourses du travail se sont multipliées dans plusieurs villes, avec des projets de fermeture, de désengagement financier ou de remise en cause de leur existence-même. Ces lieux ne sont pas de simples bâtiments administratifs : ce sont des espaces historiques d’organisation collective, de solidarité, de formation syndicale, et d’accès aux droits pour des milliers de salariés, privés d’emploi, précaires ou isolés. S’en prendre aux bourses du travail, c’est chercher à affaiblir matériellement et symboliquement le syndicalisme, et à renier le droit aux travailleurs d’avoir des lieux qui leur sont propres.
Ces offensives traduisent une volonté politique claire, notamment dans les mairies dirigées par la droite ou l’extrême droite : désarmer le monde du travail, non seulement dans les entreprises mais, aussi dans leur lieu d’organisation et de résistance.
Sur notre département, la bourse du travail d’Arles est menacée par le maire Horizon Patrick de Carolis.
Pendant le combat contre la réforme des retraites, la police est venue chercher chez eux nos camarades de l’énergie pour les mettre en garde en vue.
Des camarades des URSSAF ont eux aussi été mis en examen alors qu’ils n’ont fait que dénoncer la création de certains fichiers informatiques suspect.
Nos camarades du GPMM ont été condamnés en premier instance pour l’utilisation de leur budget de CSE qui n’est autre que l’utilisation normale que des élus font quand ils gèrent ce type d’instance. MP/SD/0626
Toutes ces actions répressives jusqu’à la mise en examen de notre secrétaire générale Sophie Binet sont des messages politiques clairs, ils veulent nous rouler dessus.
Et bien mes camarades, mauvaises nouvelles pour eux, cette journée le prouve, nous sommes en ordre de bataille. Nous irons chercher chaque emploi un à un s’il le faut et nous ne céderons pas à leurs intimidations.
À ce titre, l’UD CGT 13 tient à réaffirmer son soutien aux camarades, dockers de Fos-sur-Mer qui ont interdit l’accès du terminal minéralier du golfe à un député RN réaffirmant ainsi que l’extrême droite sera toujours l’ennemie des travailleurs.
Aujourd’hui, nous le prouvons, nous sommes plus unis et déterminés que jamais.
Cette journée d’action départementale est un message politique clair que nous passons à nos adversaires, nous sommes là et nous continuerons de nous battre. Collectivement, car c’est bien collectivement que nous sommes le plus fort, nous allons renouveler ce type d’initiatives jusqu’à ce que nous gagnions sur nos revendications.
Nous nous battons pour L’emploi pour les services publics, et contre la répression syndicale.
Mes camarades tenez-vous prêt vivre, travailler et vieillir dignement dans les Bouches-du-Rhône, il va falloir l’arracher et c’est ce que nous allons faire.
Licenciements, restructurations, fermetures de sites, suppressions de postes : partout les salariés paient l’addition pendant que les profits explosent.
Plus de 126 000 emplois sont menacés ou supprimés dans le pays.
Dans les Bouches-du-Rhône, près de 30 000 emplois sont en danger.
Aucun secteur n’est épargné : industrie, commerce, santé, services publics et fonction publique, transports, ports et logistique.
Pendant ce temps, les richesses existent !
– Des dizaines de milliards d’euros échappent chaque année aux caisses publiques par la fraude et l’évasion fiscales, tandis que les grandes entreprises bénéficient d’aides publiques sans contrepartie.
– L’argent existe pour augmenter les salaires, les pensions, les indemnités chômage et les minimas sociaux, développer l’emploi et renforcer les services publics.
– C’est une question de choix politique !
ILS ATTAQUENT NOS EMPLOIS, NOS DROITS ET NOS LIBERTÉS SYNDICALES
Face à la contestation sociale, le patronat et le gouvernement cherchent à faire taire celles et ceux qui résistent.
Répression syndicale, remises en cause du droit du travail, criminalisation de l’action syndicale : ces attaques visent à empêcher les salariés de défendre leurs intérêts. Nous refusons de subir. Nous refusons de nous taire.
ENSEMBLE, IMPOSONS D’AUTRES CHOIX !
Nous revendiquons :
Des augmentations générales des salaires, pensions et minima sociaux
Une politique industrielle créatrice d’emplois stables et qualifiés
Des services publics renforcés et accessibles à tous
Une Sécurité sociale répondant aux besoins de la population
Un Code du travail protecteur et de nouveaux droits pour les salariés
Le respect des libertés syndicales et l’arrêt de toute répression.
LE 25 JUIN : LA RIPOSTE, C’EST TOUS ENSEMBLE !
Une heure, une demi-journée ou la journée entière : FAISONS DU 25 JUIN UNE JOURNEE DE LUTTE MASSIVE !
Quand ils attaquent nos emplois, nous défendons notre avenir.
Quand ils attaquent nos droits, nous renforcerons notre solidarité.
Quand ils veulent nous diviser, nous nous rassemblons.
TOUS EN GREVE ET DANS L’ACTION LE 25 JUIN !
RENDEZ-VOUS AU PORT, PORTE 2C 1 11H30
| Face à l’urgence sociale, la CGT 13 passe à l’offensive Avec une journée de grève départementale et interprofessionnelle mais aussi un meeting sur le port de Marseille, l’UD CGT 13 veut « envoyer un message fort » aux pouvoirs publics et patronat, ce jeudi 25 juin. Amaury Baqué / Marseille / 23/06/2026 |
07h13
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Article publié le 24 juin 2026.