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L’AG du syndicat s’est tenue en 2 temps, le 13/10 à la Penne / Huveaune et le 15/10 à Miramas.
Voici le rapport d’activité présenté aux syndiqué·es lors de notre assemblée générale annuelle 2026.
Merci pour votre présence et votre participation aux débats.
Nous remercions pour leur présence Christian de la CGT Douane, Henri de la CGT Finances publiques 84 et Sylvain, pour le bureau national CGT Finances publiques.
L’AG a validé la liste des membres de la commission exécutive de la CGT Finances publiques 13 ainsi que la liste des candidat·es aux élections professionnelles.
Notre force c’est notre nombre :rejoins-nous !
Rapport d’activité AG 2026
Cher·es camarades,
Par où commencer ce rapport syndical tellement les thématiques et les enjeux auxquels sont confronté·es les travailleuses et travailleurs ici, à coté, ailleurs, dans les bouches-du-Rhône et au delà, nous permettent de voir que nous sommes toutes et tous parties liées, toutes et tous confronté·es à une transformation du système capitaliste en même temps qu’une fuite en avant prédatrice, nihiliste vers le toujours plus d’accumulation de capital pour une infime minorité qui pourtant prétend nous gouverner et toujours amasser au risque de la guerre, de l’épuisement de la planète et de celui de nos corps.
Tous les jours apportent un démenti cinglant à la morale des détenteurs du pouvoir.
Ceux-là mêmes qui prétendent, parce que nous serions militantes et militants, ou simplement syndiqué·es que nous ne serions pas objectifs quand il s’agit de contester, de contre argumenter, de dénoncer et combattre des contre-réformes ou encore de proposer d’autres choix : soit nous sommes qualifiés au mieux de rêveuses et de rêveurs, au pire d’infamie au motif par exemple que oui, à la CGT nous sommes pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, que oui à la CGT nous sommes contre l’impérialisme et contre les guerres et leurs cortèges de malheur, que oui à la CGT nous sommes pour la coopération et contre la mise en concurrence des travailleuses et travailleurs de la planète, que oui à la CGT nous sommes indépendants des pouvoirs politiques, économiques et religieux et que notre boussole c’est l’émancipation et la transformation sociale, la solidarité .
Alors mes camarades, c’est vrai le scandale ce serait de s’habituer au scandale, aux inégalités, aux logiques de domination, à un arbitraire qui pourrait épargner quelques uns aux dépend des autres, des colères légitimes qui ne trouveraient comme résolution que des boucs émissaires : c’est là le terreau sur lequel entend prospérer l’extrême droite, laquelle peut dans la même phrase dire tout et son contraire dans sa stratégie de normalisation, soutenue par l’extrême centre et le patronat.
Le syndicat ne fait pas de politique, mais comme la politique s’occupe de nous, nous devons nous occuper du politique.
Non, nous ne sommes pas condamné·es à avoir un premier ministre antisémite en 2027 ni une Présidente qui assume tout de l’héritage de son Papa et de son parti fondé par des collaborationnistes et Waffen SS, des voleurs d’argent public, des racistes et des antisémites au pouvoir.
Non nous ne sommes pas condamné·es à avoir un futur président qui imposera l’âge légal de départ en retraite à 65 ou 67 ans, comme nous ne sommes pas condamné·es à avoir comme seule solution les assurances individuelles face à ceux qui veulent casser l’état social et la sécurité sociale.
Non, nous ne sommes pas condamné·es à nous faire expulser des bourses du travail et locaux syndicaux par les mairies d’extrême droite ou de droite extrême ici à Arles ou Tarascon, là à Carcassonne.
Non, nous ne sommes pas condamné·es au budget de guerre sociale qu’entend faire voter ce gouvernement illégitime.
Mes camarades,
le niveau des dépenses publiques est stable depuis 2017. Ce qui ne l’est pas, ce sont les recettes.
La dette ce n’est pas que l’on dépenserait trop, même si des fois c’est mal dépensé ( plus de 200 milliards d’aide publique aux entreprises sans contreparties notamment en emplois !), la dette c’est la macronie et avant lui, la mise en place de la politique de l’offre avec Holande et déjà Macron.
Le creusement du déficit depuis le début du quinquennat Macron en 2017 s’explique par des baisses massives de prélèvements obligatoires accordées aux entreprises et aux ménages les plus riches.
Depuis 2017, ce sont 40 milliards d’euros par an de réductions d’impôts qui ont été accordées aux seules entreprises : 16 milliards au titre de la baisse du taux d’impôt sur les sociétés de 33 à 25 %, 19 milliards pour la baisse des impôts de production et 5 milliards liés à la transformation du CICE en exonérations de cotisations sociales. À cela s’ajoutent les cadeaux fiscaux accordés aux ménages les plus riches, avec la transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI) et l’instauration du prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital.
[L’Insee le démontre : depuis 2017, les dépenses publiques sont restées stables, elles s’élevaient à 57,7 % du PIB en 2017 et reviennent en 2025 sous ce niveau, à 57,3 % du PIB. En revanche, les prélèvements obligatoires ont chuté de 54,3 % à 52,2 % du PIB, creusant le déficit de 3,4 % à 5,1 % du PIB. Un rapport d’Attac, de l’Observatoire de la justice fiscale et du CADTM de mars 2025 1chiffre le manque à gagner cumulé à 308,6 milliards d’euros sur 2018-2023, dont 207 milliards pour les seuls cadeaux fiscaux aux entreprises et aux ménages les plus aisés.
Si la législation fiscale était restée la même depuis 2017, la dette publique aurait été de 99 % du PIB au lieu de 109,9 % en 2023.]
Ces réductions de prélèvements, censées relancer la croissance économique et renforcer les recettes fiscales, n’ont pas produit les effets escomptés, le ruissellement promis n’a pas eu lieu.
Elles ont surtout servi à augmenter les profits et les dividendes.
La croissance économique a ralenti, le pouvoir d’achat a diminué, la précarité et la pauvreté ont explosé, le déficit commercial s’est creusé, les difficultés industrielles s’accentuent et les finances publiques sont exsangues par manque de recettes fiscales : c’est l’échec de la politique de l’offre.
Ces choix budgétaires ne sont pas imposés par une nécessité économique, mais résultent d’une volonté politique.
Elle refuse de s’attaquer à la fiscalité des plus riches et aux aides publiques aux entreprises. Ces aides atteignent pourtant 200 milliards d’euros par an, sans conditions ni contreparties, et constitue désormais le premier poste de dépenses de l’État. Elles représentent un quart de son budget total, soit deux fois et demie le budget de l’Éducation nationale, cinq fois celui de la Transition écologique, huit fois celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
Plutôt que d’essayer de satisfaire l’appétit sans limite des rentiers et des spéculateurs, la CGT considère que la politique budgétaire doit d’abord répondre aux besoins sociaux, économiques, industriels et écologiques du pays, et s’appuyer sur une fiscalité juste pour les financer.
Le déficit et la dette publique sont le résultat de choix politiques, pas d’une nécessité économique, les dizaines de milliards d’euros d’intérêts versés tous les ans ne sont pas perdus pour tout le monde.
Face à la radicalité d’un gouvernement qui travaille pour les nantis et la bourgeoisie, tandis que la compétition est ouverte pour savoir qui supprimera le plus grand nombre de fonctionnaires chez les candidats de droite, l’extrême droite de Le Pen, elle, veut faire l’économie de 124 milliards dans le budget quand Lecornu propose 54 milliards de coupes.
Vous l’aurez compris, l’augmentation du point d’indice, ce n’est ni la droite ni l’extrême droite qui la fera. Et nous savons qu’il faudra aller la chercher ! (valeur actuelle 4,92€ au lieu de 6,50€ s’il avait été indexé sur l’inflation).
C’est pourquoi la CGT, dans le privé comme dans le public, revendique l’échelle mobile des salaires et une revendication immédiate de 10% d’augmentation du point d’indice.
C’est aussi face aux conséquences des politiques budgétaires depuis 10 ans que se mobilisent aujourd’hui une jeunesse lycéenne qui a bien compris qu’elle fait partie de celles et ceux qui subissent des inégalités systémiques.
Une génération qui a grandi dans l’enferment du covid, la guerre en Ukraine, un dérèglement climatique qui les angoisse, de nouvelles guerres menées par les impérialistes et un avenir marqué par un présent préempté par les difficultés de vie de leurs parents, de leurs familles et des conditions d’études dégradées en même temps qu’un parcoursup qui les plonge à l’heure de choix sans retour qui ne seront même pas les leurs.
Sur eux s’abat une répression jamais vue, organisé par un pouvoir qui annonce la couleur pour mater toute révolte sociale, même bon enfant.
Plus de 5500 gardes à vue de mineurs, c’est du jamais vu. Pour vous donner une idée, en 1968 ce fut 250, contre la loi devaquet 250, contre le CPE 1920. Des armes de guerre utilisées contre des adolescents, : main arrachée, œil crevé, mâchoire et dents brisées. Un pouvoir qui considère la jeunesse comme un ennemi de l’intérieur.
A Marseille et partout en France, la CGT a pris toute sa place pour sécuriser les manifestations des lycéennes et lycéens. C’est notre honneur que d’être à leur côté.
C’est dans ce contexte que se tient une une AG de la CGT Finances publiques 13 qui fait grincer des dents dans l’administration et services : nous sommes la seule organisation syndicale qui voit le droit des agents à participer à leur AG remis en cause.
Nous avons dû intervenir auprès de la direction car certains chefs de service font pression au motif de la continuité du service pour empêcher des agents de participer à l’AG de leur syndicat.
Une fois par an, c’est déjà trop pour eux peut-être, en tout cas cela en dit long sur non pas la considération qu’ils nous portent (on s’en balance) mais sur des formes d’hostilité à l’encontre de l’organisation syndicale CGT.
Pourquoi ?
– Parce que nous sommes un collectif organisé, indépendant.
– Une CGT qui dit ce qu’elle fait et fait ce qu’elle dit.
– Une CGT qui travaille les dossiers et qui a comme règle d’action de faire avec les agent·es et pas à leur place, une démarche syndicale exigeante qui s’appuie sur des principes qui ont fait la preuve de leur efficacité dans l’histoire du mouvement ouvrier.
– Nous ne prônons pas un syndicalisme institutionnel, ce à quoi voudrait nous circonscrire la doxa patronale et administrative : réduire le dialogue social aux réunions institutionnelles, faire de nous des interlocuteurs de salon où on cause et où on s’écoute parler.
– Nous sommes un corps social vivant et c’est par l’action collective que nous le démontrons.
C’est la seule qui garantit l’efficacité du syndicalisme : on ne peut pas vouloir le bonheur des gens malgré eux.
C’est ce travail auquel nous nous sommes attelés cette année écoulée depuis notre dernière AG.
– Il est parfois dans l’ombre, il est souvent inconnu, mais nous serions bien en peine de vous livrer le nombre de sollicitations individuelles ou collectives auxquelles nous avons répondu, du SGC de Châteaurenard au SIP Prado et le droit d’alerte avec la réouverture au public de la Trésorerie amendes 13, du Sip d’Arles à celui d’Aubagne, de telle division de la Drfip 13 à l’assistance individuelle sur des comportements sexistes ou encore sur l’aide au recours CREP, des loyers des gardiens concierges aux enquêtes administrative comme à la Ciotat, de l’intervention CGT coordonnées sur les frais de déplacement pour que la Drfip13 revoit sa copie, des dossiers en cours comme le SECI d’Aix et du soutien de collègues désespéré·es par le traitement qui leurs est imposé.
– Comment face à la dégradation de la santé psychique au travail nous avons arraché la mise en place des formations en premiers secours en santé mentale, comment nous avons lancé l’alerte sur la matrice managériale de la DGFIP qui peut broyer des existences, comment nous avons mis la DG devant ses responsabilités lors de sa venue à Marseille le 2 octobre 2026.
– Comment nous avons été seuls sur certains sujets revendicatifs et comment nous avons tenu bon.
Car au delà de l’analyse, l’enjeu demeure bien entendu d’agir. D’agir à partir de revendications partagées. L’inverse du syndicalisme velléitaire, c’est celui du rapport de force.
Mes camarades, il n’y a plus de capl. Dans la salle, de nouveaux collègues ne les ont jamais connues.
Ces instances, au delà de l’égalité de traitement sur les situations individuelles – promotions, mutations, recours sur l’évaluation- la loi de 2019 sur la fonction publique après les ordonnances macron sur le code du travail les a supprimées.
Les capl étaient aussi un outil de régulation des rapports sociaux au travail. Elles permettaient de lancer l’alerte sur la dégradation des conditions de travail, à partir du dossier individuel de l’agent dans un cadre collectif.
Aujourd’hui il faut attendre que les statistiques sur le turn-over ou le nombre d’arrêts maladie viennent alerter sur l’état de la dégradation des rapports sociaux au travail.
Entre temps, la situation n’a fait que s’aggraver sauf si,
sauf si,
sauf si, en amont le syndicat est alerté.
Dans le même temps se développe une politique de surveillance et de suspicion sur chacune et chacun de nous dans les services, depuis bien sûr la consultation à des fins non professionnelles des applicatifs – jusqu’à l’absurde de procédures qui considèrent l’erreur comme une faute- jusqu’à la dictature des statistiques et le recensement du travail à la tâche qu’ils appellent reporting.
L’enjeu ? Intensifier le travail pour satisfaire à des indicateurs de rentabilité qui n’ont rien à voir avec la qualité du service public. C’est poussé à la caricature avec le taux de décrochés, le nombre de e-contacts traités, de demandes d’expertise quand on croule sous la masse du travail sans parler du télétravail qui devient un système de récompense aux bons élèves, du profilage dans les affectations qui transforme le/la fonctionnaire des Finances publiques en obligé· de son supérieur hiérarchique.
C’est dans ce cadre ou l’arbitraire et l’infaillibilité de la hiérarchie sont les nouveaux critères de gestion que la management délétère de la DGFIP fait des ravages, transformant l’autorité hiérarchique et la cascade des subalternes en un outil de domination qui ne laisse que peu de place à l’intérêt général, au sens du travail, au libre arbitre : il ne nous veulent pas fonctionnaires citoyen·nes mais fonctionnaires sujets, c’est le retour à l’ancien régime en même temps que le recours non pas à l’autorité mais à l’autoritarisme.
Le syndicat ne devine rien. Il faut qu’il soit informé.
Qui d’autre que nos syndiqué·es sont les mieux placés pour nous faire remonter des infos, nous interpeller, nous rencontrer ?
Si on n’a pas fait autant de HMI et nous le regrettons (c’est que nous étions aussi sur de nombreux dossiers) , ce n’est pas forcément dans ces instants collectifs et indispensables... que les problèmes sont soulevés.
C’est souvent après ou de manière individuelle.
Pour agir nous avons besoin de vous, nous avons besoin des syndiqué·es, nous avons besoin de faire de nouvelles adhésions : notre force c’est notre nombre et face à une administration qui vous veut seul·e face à l’institution, il nous faut une force organisée collective capable d’unir face à l’arbitraire.
Nos sociétés dérivent vers un fonctionnement de plus en plus illibéral et autoritaire.
L’administration peut en être l’outil et dans un cas comme dans l’autre, seule la solidarité, nos valeurs d’égalité, de fraternité, de sororité , de droits et liberté sont notre boussole.
C’est dans cette période qu’intervient l’annonce du NRP 2, le premier ayant liquidé nos services de proximité, alimenté en cela par la suppression de 30 000 emplois à la DGFIP. Ce que l’administration appelle aménagement du réseau territorial, c’est la logique accélérée de concentration sur des sites domaniaux et remise aux domaines des surfaces libérées.
C’est le projet de fermeture de l’antenne du cadastre et du spf d’Aix à Tarascon, de l’antenne du SGC d’Aix à Gardanne et la fusion des paieries.
Le NRP 2 c’est 2027-2030. Dans l’attente des élections de 2027, la DGFIP ne sort pas du bois, mais c’est 4 ans de restructurations qui sont prévues. La logique est celle de développer des centres à compétence nationale et le tout numérique. En même temps, l’invention du référentiel emplois dit ETP vient priver les agents de toute visibilité pour leur mutation, mettre les services à l’étiage et accélérer le recrutements de précaires en lieu et place d’emplois statutaires.
La CGT défend des services publics de proximité et de pleine compétences et milite pour la résorption de la précarité et pour la titularisation des contractuels.
C’est dans ce cadre qu’ils veulent resserrer que vont se dérouler les élections professionnelles.
Vous allez voter 4 fois pour désigner vos représentants syndicaux au comité social ministériel, au comité social de réseau de la DGFIP, en commission administrative paritaire nationale par catégorie, au comité social d’administration de la Dfip 13.
La CGT Finances publiques 13 présente une liste complète où toutes les catégories sont présentes : contractuel, agent administratif, agent technique, contrôleur, géomètre, inspecteur et A+.
Voter CGT et FAIRE VOTER CGT, c’est renforcer les valeurs de solidarité et d ’émancipation.
C’est faire le choix de l’organisation syndicale historique des avancées sociales en France, d’un syndicalisme interprofessionnel qui n’est pas hors sol, qui s’inscrit dans le concret de la défense des intérêts moraux et matériels des salarié·es, des précaires, des fonctionnaires, de la jeunesse et des retraité·es, qui œuvre à la transformation sociale de la société pour la justice fiscale, sociale et environnementale, d’un syndicalisme résolument internationaliste, féministe, anti raciste, bref d’un syndicalisme révolutionnaire.
Vive nous, vive la CGT !
Article publié le 15 octobre 2026.