vous êtes ici : accueil > Analyses points de vue
La DGFIP est passée "maîtresse" dans le traçage des agent·es souvent sanctionné·es à la moindre petite erreur de consultation voire lourdement soupçonné·es pour une question d’homonymie avec une VIP ou un "dossier sensible". Sans compter Mira et ses délires.
Souvent pour des vétilles ( par exemple consultation de son propre compte pour vérifier si on maîtrise Gestloc ou pour retrouver son identifiant pour accéder à France connect), la Dgfip déclenche une procédure disciplinaire et mobilise à minima en local un cadre sup, un cadre A, un contrôleur, le chef de service ou l’adjoint et l’agent·e, penaud·e doit se justifier, reconnaître sa très grande faute, etc. Puis c’est à la DG que d’autres agent·es sont mobilisé·es pour systématiquement sanctionner quand un simple rappel suffirait.
C’est l’abandon du discernement dans les enjeux déontologiques et une tolérance zéro que la DG impose et que les directions locales appliquent toujours de manière verticale, descendante, hiérarchique et même autoritaire, quand bien même aucune information n’a été transmise à un tiers.
Quel rapport entre la déontologie et le piratage diront certains ?
Le rapport est simple.
– Tu es sanctionné pour tout écart aussi minime soit-il dans l’utilisation des applicatifs mais il ne t’arrivera rien si ton écart coûte 1 300 000 000,00 euros au budget de l’Etat : Cf. GMBI.
– Toute fuite de données doit également être notifié dans les 72h maxi à la CNIL.
Aujourd’hui face à la "crise monumentale" du piratage du "fisc", on ne peut que constater une défense pitoyable et indigne de la part de la DGFIP ( charité bien ordonnée commence par soi même ) ; il aura fallu attendre un communiqué des hackers du 12 août 2026... pour que la DGFIP, au courant depuis mi-juin, consente à communiquer à son tour et informe la CNIL.
Là, la DG est dans la déontologie... jusqu’au cou !
Aujourd’hui réunion de crise avec les organisations syndicales nationales. Enfin ! serait-on tenter de dire alors que la Directrice Générale ne cesse de s’autocongratuler de la qualité du dialogue social.
A la lecture des premières mesures annoncées, on est en droit de penser que la DGFIP aurait bien fait d’écouter les organisations syndicales plutôt que de les négliger. Ainsi on se rend compte que l’ouverture grandissante de nos applicatifs aux usagers et partenaires extérieurs est une source de fragilité supplémentaire.
De même elle ferait bien d’écouter les organisations syndicales lorsqu’elles en appellent à une suspension de la facturation électronique ( suspension demandée également par des groupes parlementaires).
La CGT Finances Publiques va saisir les parlementaires afin de demander la constitution d’une commission d’enquête parlementaire portant sur une analyse exhaustive de la situation à la DGFIP, tant en terme de moyens (matériels et humains) que de conditions de travail alors que la presse s’est largement fait l’écho ces mois derniers de la souffrance au travail à la DGFIP et de la vague de suicides et de tentatives qui frappe notre administration.
Il y en a plus qu’assez de cette politique continuelle de restructurations ( NRP1... NRP 2 ... en attendant la suite) de destructions d’emplois ininterrompues ( 35 000 emplois détruits en 20 ans) et de destruction des droits et garanties des agents ( fin des CAP, mutations au choix, ....).
La communication/propagande de la DGFIP n’y changera rien... l’état de notre administration est désormais sur la place publique et cet état n’est nullement un état naturel.
C’est le résultat de politiques successives depuis des décennies et accélérées sous le double quinquennat Macron, des politiques toujours vantées par les hauts fonctionnaires dirigeants tant au niveau national que local au nom de l’efficacité, de la productivité, de la modernité et bla bla bla et bla bla bla.
Premières mesures annoncées par la DGFIP :
– Fermeture définitive du PIGP pour les agents.
– Suspension temporaire d’applications ( comme FICOBA, Ficovi, Portail Cadastral aux extérieurs).
– 3 fuites sont identifiées : e.contact / portail cadastral / successions vacantes.
Les comptes usurpés sont au moins celui d’un agent de la DGFIP, d’un agent d’une autre administration, d’un extérieur habilité.
Une nouvelle réunion de crise est programmée la semaine prochaine.
Article publié le 18 août 2026.