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De l’argent il y en a...
Le pays n’a pas encore voté le budget de l’État et le budget de la sécu 2025. Ceux proposés par le gouvernement Barnier prévoyait une purge pour l’immense majorité de la population, une attaque en règle des services publics au prétexte que le pays vivrait au dessus de ses moyens, selon la formule préférée des néo libéraux, et ne pouvait maintenir "le train de vie de l’État".
Nous avons déjà dit à plusieurs reprises à quel point les difficultés actuelles provenaient essentiellement d’une baisse des recettes publiques dues aux choix fiscaux des 7 dernières années au bénéfice des plus riches et des plus grandes entreprises et d’une affectation de ces recettes ( 80 milliards de recettes de TVA ) à la compensation des exonérations de cotisations sociales ( le principal poste de dépenses de l’Etat est chiffré à 185 milliards d’euros en niches fiscales, aides et compensations d’exonérations aux entreprises... un véritable capitalisme sous perfusion étatique qui bénéficie surtout aux très grandes entreprises et ce, sans contrepartie en matière de création d’emplois).
Pourtant de l’argent il y en a... Il est entre les mains des principaux bénéficiaires des politiques économiques et sociales menées depuis des années, à savoir les grands groupes du CAC 40 qui ne cessent de battre des records de profits, de distribution de dividendes et de rachat d’actions.
Dans un article récent l’Observatoire Des Multinationales se livre ainsi à un rappel des "performances" du CAC 40 sur les 4 dernières années et les possibilités de récupération de recettes pour le fonctionnement des services publics et le bien commun... édifiant ( VOIR CI-DESSOUS)......
Mais pour le gouvernement Macron-Barnier (sorti)-Bayrou (sortie à venir) l’argent est ailleurs : dans les postes d’enseignants et d’agents des finances qu’il convient de supprimer, dans la multiplication des franchises sur les consultations et les médicaments, sur les jours de carence pour les feignasses de fonctionnaires, sur les allocations chômage ou les retraites versées...
ARTICLE OBSERVATOIRE DES MULTINATIONALES (https://multinationales.org/fr/)
Entre début 2020 et fin 2023 (derniers chiffres disponibles), les groupes du CAC 40 ont engrangé 486 milliards d’euros de profits. C’est 333 millions d’euros par jour, un milliard d’euros tous les trois jours.
Après le ralentissement de 2020 dû aux confinements (avec 35 milliards d’euros de bénéfices tout de même), les groupes du CAC40 ont connu trois années de superprofits autour de 150 milliards d’euros.
486 milliards d’euros, cela correspond à peu près aux dépenses de l’État français en 2024. Pour rappel, le déficit budgétaire s’élève cette année à 163 milliards d’euros.
230 millions d’euros par jour pour les actionnaires
Sur la même période de 4 ans, le CAC 40 a reversé 246 milliards d’euros à ses actionnaires sous forme de dividendes. L’année 2023 a vu un record historique de dividendes versés avec 74 milliards d’euros.
Dans le même temps, les groupes du CAC 40 ont racheté leurs actions – toujours pour gratifier leurs actionnaires – à hauteur de 90 milliards, avec là aussi un record en 2023 avec plus de 30 milliards d’euros.
Autrement dit, sur ces quatre années, le CAC 40 a consacré 336 milliards d’euros à ses actionnaires, soit 230 millions d’euros par jour.
Certes, sur la même période, les groupes du CAC 40 ont créé de l’emploi au niveau mondial, + 9% sur quatre ans. Des créations qui sont essentiellement le fait de quelques groupes dans les services à distance (Capgemini, Teleperformance) et le BTP.
En France cependant, les groupes du CAC 40 qui publient des chiffres à ce sujet ont très légèrement réduit leurs effectifs (-0,1%). Plusieurs piliers du CAC 40, dont Michelin et ArcelorMittal, ont annoncé de nouvelles suppressions d’emploi en 2024 qui vont toucher notamment la France.
Sur la même période de quatre ans, les groupes du CAC 40 ont consacré plus d’un milliard d’euros à rémunérer leur quarante patrons. Leur rémunération moyenne a augmenté de 48% entre 2020 et 2023, passant de 4,8 à 7,2 millions d’euros annuels.
Dans le même temps, la France a versé 200 milliards d’euros par an (entre 157 et 223 selon les modes de calcul), soit 800 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises en quatre ans.
Les prix à la consommation ont augmenté de 12,8% en moyenne et beaucoup plus pour les couches sociales défavorisées.
Les petites et moyennes entreprises subissent elles aussi la crise, et plusieurs sous-traitants et fournisseurs des grands groupes en France sont contraints de fermer.
Une vaste redistribution des richesses... au profit des grandes entreprises et de leurs actionnaires.
Article publié le 31 décembre 2024.