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Jeudi 30 janvier 2025 était organisée la réunion annuelle des retraités des services sociaux du ministère à laquelle ont participé des centaines de retraités.
Une occasion de s’adresser aux retraités des Finances du département qu’il ne fallait pas rater ! Nous sommes intervenus en nombre, 5 militants, pour diffuser le tract ci-dessous, montrant que la CGT est une force organisée chez les retraités aussi.
Nous ne nous sommes pas contentés de distribuer le tract.
De nombreuses discussions ont été engagées qui une fois de plus ont montré que les retraités, s’ils ont conscience du climat anti retraités et des projets qui se trament contre eux, demeurent par contre très peu informés de la contre réforme Macron de la Protection Sociale Complémentaire qui est plus qu’un projet.
Un retraité nous ayant demandé : "vous proposez quelque chose ?", nous lui avons immédiatement proposé l’organisation d’une réunion sur la PSC. A la suite une dizaine de retraités ont donné leur adresse mail pour être invités à une réunion avec la CGT sur Marseille après la réunion organisée sur Salon en novembre qui a regroupé 19 retraités.
Pour notre collectif il est hors de question de se résigner à accompagner le démantèlement de la sécurité sociale. Il faut au contraire combattre pour la défense de la sécurité sociale et sa reconquête. C’est trop important !
Information : la métropole a annoncé le 30 au soir la gratuité des transports sur le territoire de la métropole pour les moins de 10 ans et les plus de 65 ans à compter du 1er septembre . La CGT n’y est pas pour rien et son Union Syndicale des Retraités en particulier qui ont multiplié les actions depuis des années et qui était reçue le jour même sur ce thème. Même si cela ne correspond pas à la revendication de la CGT qui est d’obtenir la gratuité des transports pour tous (étudiants, actifs...), c’est un premier pas dont la CGT se félicite et un encouragement à poursuivre l’action pour obtenir la gratuité des transports sur tout le département. Voir le communiqué de l’Union Syndicale des Retraités CGT en pièce ci-jointe.
Les retraités sont-ils des privilégiés qui coûtent trop cher à la sécu ?
C’est en tout cas ce qui ressort des récentes annonces gouvernementales. En effet si nos pensions n’ont pas fait l’objet d’une désindexation c’est uniquement parce que le budget n’a pas été adopté avant le 31/12.
Et depuis les idées pour nous mettre à contribution n’ont pas manqué.
– La ministre du travail aurait voulu qu’on nous fasse payer une taxe pour financer la sécu (dès lors qu’on touche une pension avoisinant les 2000 euros).
– Le MEDEF a proposé de supprimer l’abattement fiscal de 10 % pour les retraités car « ils ne travaillent pas » !
Derrière cet argument de façade, il y a le leitmotiv répété en boucle selon lequel les retraités sont des « favorisés », des privilégiés.
Alors qu’en est-il en réalité ? La CGT Finances a réalisé en 2022 au moment de l’élection présidentielle une enquête sur la situation des retraités des finances dans les Bouches-du-Rhône. Il en ressort que le profil type du retraité des finances est un ancien cadre B touchant une pension comprise à l’époque entre 1700 et 1800 euros. Soit une pension aujourd’hui (après prise en compte des augmentations intervenues en 2023, 24 et 25 pour tenir compte de l’inflation) de l’ordre de 1900 euros. Selon les critères mis en avant par la ministre du travail, il s’agirait d’un quasi privilégié. Mais est-on vraiment un privilégié avec une pension de l’ordre de 1900 ou 2000 euros ?
En la matière il y a des critères autrement plus probants :
– en 2024 les dividendes versés par les sociétés du CAC 40 à leurs actionnaires ont atteint 98 milliards d’euros, en hausse de 50 % depuis 2019 ;
– en 2023 10 % de la population française possédait 47 % du patrimoine des français.
Ce ne sont pas eux les véritables privilégiés, eux qu’il faudrait taxer sur leurs revenus en particulier financiers et sur leurs patrimoines ? Nos pensions ont-elles augmenté de 50 % depuis 2019 ? Ah, mais eux il ne faut pas y toucher, ils risqueraient de partir ! Voilà comment les choses nous sont présentées. C’est sûr : il vaut mieux selon le vieil adage faire payer ceux qui ne sont pas riches, ils sont plus nombreux ! En particulier les retraités qui sont 17 millions.
Un autre « argument » est mis en avant : les retraités coûtent trop cher à la sécu.
C’est même en son nom que le gouvernent Barnier avait proposé de ne pas indexer les pensions et que la ministre du travail a justifié sa proposition d’une taxe pour financer la dépendance qui évidemment concerne d’abord les retraités.
Cet « argument » mérite qu’on s’y arrête. Il n’est pas question de discuter que les retraités coûtent plus chers à la sécu. Et pour cause : ils sont plus âgés et statistiquement c’est quand on est le plus âgé qu’on est le plus malade. On est un peu gênés de rappeler de telles évidences. Mais la sécurité sociale, dans son principe, ne repose-t-elle pas sur le principe selon lequel les salariés mettent en commun une partie de leur salaire, via les cotisations, pour pouvoir faire face au risque maladie quand il se concrétisera, c’est à dire à un âge avancé ?
Si on a cotisé durant toute notre vie professionnelle c’est quand même pour avoir le droit aux soins lorsqu’on est confronté à la maladie !
Autrement dit, le discours sur le thème « les retraités coûtent cher à la sécu » constitue une remise en cause du principe même de la sécurité sociale, de la solidarité intergénérationnelle qui en est la base.
Certes aujourd’hui, pour des raisons liées à la crise politique que traverse le pays, les gouvernements successifs ont du mal à faire passer leurs projets de désindexation des pensions ou de taxe supplémentaire pour les retraités, mais cette logique de remise en cause de la sécurité sociale, elle est déjà à l’œuvre avec l’application de la réforme Macron de la protection sociale complémentaire dans la fonction publique (PSC).
Parce que faire payer aux retraités 6 ans après leur départ à la retraite jusqu’à 3,5 fois (oui 3,5 fois !) la cotisation qu’ils payaient en tant qu’actif comme le prévoit la réforme de la PSC n’est-ce pas une application évidente du principe selon lequel les retraités doivent payer plus parce qu’ils coûtent plus cher ? Une remise en cause de la solidarité intergénérationnelle ?
Il est prévu qu’à partir du 1/01/2026 les retraités des Finances auront un an pour adhérer ou non au contrat de groupe qui doit être conclu cette année au ministère des finances.
Un an sans possibilité d’adhésion ultérieure car la possibilité d’adhérer au contrat de groupe est présentée comme une faveur qui serait faite aux retraités. Une drôle de faveur avec une cotisation qui triple !
Passé ce délai, le retraité devra contracter une assurance individuelle auprès d’une complémentaire. A coup sûr au prix fort. Voilà comment la réforme Macron de la PSC traite les retraités ! Et ce n’est pas tout car les décrets de mise en œuvre de la réforme permettent même d’augmenter sans limite la cotisation des retraités dès lors que le déséquilibre entre la population des retraités et celle des actifs deviendrait trop important.
Ce déséquilibre existe déjà et ne fera que s’accentuer avec l’application de l’intelligence artificielle annoncée par Bayrou. Il n’y a pas de doute que le ministère des Finances sera encore aux avant-postes concernant les suppressions d’effectifs et que les retraités des finances seront parmi les premiers à se voir appliquer la suppression de toute limite à l’augmentation de leur cotisation.
Alors pourquoi cette réforme injuste qui bafoue les principes de la sécurité sociale ?
Dans le but d’étendre le régime des contrats de groupe du secteur privé à la fonction publique pour créer un système universel parallèle à la sécu ;le gouvernement pourra ainsi transférer progressivement les « risques » de la sécurité sociale vers les complémentaires rendues obligatoires.
Pour que le nouveau système devienne effectivement universel et que les transferts de risques puissent être effectués, le Sénat, et Attal durant la campagne des législatives, ont déjà réfléchi à la manière de faire en sorte que les 2 à 3 millions de personnes dépourvues de complémentaire soient « incitées » à en prendre une.
Les transferts ont déjà commencé notamment avec la baisse du remboursement des soins dentaires par la sécu l’an passé que les complémentaires ont compensée en augmentant les cotisations.
Évidemment cela favorise l’explosion des cotisations des complémentaires.
La mutualité française a publié les chiffres pour les contrats de groupes : en 2024 les tarifs des contrats de groupe ont augmenté en moyenne de 9,9 % ; en 2025 l’augmentation annoncée est de 7,3 %. + 17,2 % en deux ans !
Déjà que nous avons des difficultés à trouver un médecin, qu’obtenir un rendez-vous avec un spécialiste relève du parcours du combattant, qu’il faut de plus en plus payer des dépassements d’honoraires, il faudrait en plus voir sa cotisation à la complémentaire exploser !
La deuxième conséquence de la réforme Macron de la PSC est d’ouvrir la voie aux assureurs privés au détriment des mutuelles historiques de la fonction publique via les marchés publics lancés dans chaque ministère pour choisir « l’opérateur » appelé à mettre en place un contrat de groupe pour les agents et éventuellement pour les retraités du ministère.
C’est ainsi qu’au ministère de la transition écologique, c’est le start-up Alan qui fonctionne uniquement en numérique, qui a remporté le marché au détriment de la MGEN. Pour remporter le marché, elle a dû faire une concession : il sera possible d’avoir un contact téléphonique... auprès d’une plateforme téléphonique sous-traitante d’Alan. Bonjour la qualité du service !
Cette mise en concurrence dans le cadre des marchés publics amène les mutuelles de la fonction publique à s’aligner sur les assurances privées.
Les plans sociaux s’y multiplient : à la mutualité française, à la MGEN avec parfois jusqu’à 25 % des postes de travail supprimés. Elles sont poussées à s’intégrer dans des groupes assurantiels qui n’ont de mutuelle que le nom et qui cherchent essentiellement à faire du profit.
C’est ainsi que la MATMUT a absorbé la MGEFI pour élargir ses parts de marché à la fonction publique.
La Matmut qui est en train d’acheter le portefeuille de l’assurance vie de la banque HSBC pour près d’un milliard dans une logique purement patrimoniale et financière.
Conséquence de la recherche à tout prix du profit : la start-up Alan est en train d’établir ses projections de cotisation en misant sur le fait que les retraités n’adhéreront pas au contrat de groupe. C’est clair : ils veulent bien des cotisations des actifs mais pas des retraités avec leurs pathologies ! En fait c’est l’existence même des Mutuelles de la fonction publique et avec elles la solidarité intergénérationnelle qui sont aujourd’hui menacées par la réforme de la PSC.
Notre collectif retraités CGT n’accepte pas le sort que la réforme de la PSC réserve aux retraités.
Nous n’acceptons pas que la sécurité sociale soit liquidée.
Non les retraités ne sont pas des privilégiés ! A bas la contre-réforme de la PSC ! Retrait des décrets instaurant la PSC ! Les retraités ne doivent pas voir leurs cotisations exploser ! Non aux déremboursements des consultations et des médicaments ! Pour la défense de la sécurité sociale et sa reconquête !
C’est le combat que notre collectif mène, c’est le combat qu’il faut mener.
Rejoignez-nous !
| Communiqué de l’Union Syndicale des Retraités CGT des Bouches-du-Rhône L’Union Syndicale des Retraités CGT des Bouches du Rhône revendique depuis plus de 15 ans la gratuité totale des transports dans le département des Bouches du Rhône. Après de nombreuses manifestations, nous avons enfin été reçus le 30 janvier 2025, par un conseiller du cabinet de la Présidente de la Métropole. Le soir même, Martine Vassal, lors de ses vœux à la population, annonçait sa décision de rendre gratuit les transports "métropolitains" pour les moins de 10 ans et les plus de 65 ans, à partir de septembre 2025. Comme quoi, tout combat mérite d’être mené dans la persévérance. L’Union Syndicale des Retraités CGT du 13 se félicite de cette première décision, en réponse aux multiples actions des Retraités CGT. Elle répond malheureusement et seulement en partie à notre revendication d’une gratuité totale pour tous les usagers des transports, dans tout le département des Bouches du Rhône. Cette première victoire en exige d’autres : les collégiens, lycéens, étudiants et tous les actifs doivent pourvoir bénéficier de cette gratuité, mesure de justice sociale favorisant l’utilisation des transports en commun pour un développement durable, nécessaire à la préservation du climat. La gratuité des transports pour les 1,8 millions d’habitants de la Métropole Aix-Marseille-Provence couterait un peu plus de 200 millions d’€, ce qui est soutenable pour une Métropole qui veut affirmer son attractivité. L’USR CGT a présenté des solutions de financement. Nous continuerons nos actions vers la Présidente de la Métropole et celle du Département des Bouches du Rhône pour également revendiquer la gratuité des transports dans le territoire du Pays d’Arles et hors Métropole. |
Article publié le 3 février 2025.